Trop de sel nuit à la santé : une solution au potassium en ligne de mire ?

La surconsommation de sel est étroitement liée à l’apparition de l’hypertension artérielle, un enjeu de santé publique majeur. Pour y remédier, une piste intéressante est actuellement à l’étude : le sel enrichi en potassium. Plébiscité par plusieurs spécialistes, il pourrait contribuer à faire reculer les maladies cardiovasculaires. Mais peut-on réellement parler de solution miracle ?

L’hypertension : un mal silencieux qui touche des millions de personnes

L’hypertension artérielle reste l’un des principaux facteurs de risque d’accidents cardiovasculaires. Réduire la quantité de sel consommée fait partie des recommandations médicales de base, mais ce n’est pas toujours facile à appliquer. Dans ce contexte, le sel enrichi en potassium se présente comme une alternative prometteuse. Contrairement au sel traditionnel, composé essentiellement de chlorure de sodium (NaCl), cette version remplace une partie du sodium par du chlorure de potassium (KCl). Une étude parue dans la revue Hypertension souligne que ce substitut permettrait non seulement de faire baisser la tension artérielle, mais aussi de réduire le risque d’AVC, tout en conservant une saveur proche du sel habituel.

Un substitut soutenu par les autorités de santé

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) qualifie ce type de produit de « solution économique » pour diminuer l’apport en sodium au niveau mondial. Pour le professeur Alta Schutte, rattachée au George Institute for Global Health, il est essentiel d’intégrer ces substituts dans les pratiques médicales : « En remplaçant partiellement le sodium par du potassium, on agit sur deux déséquilibres fréquents : un excès de sodium et un déficit en potassium ».

Un apport insuffisant en potassium peut en effet aggraver les troubles de la tension. L’usage de ces sels modifiés contribuerait donc à rétablir un équilibre favorable à la santé cardiovasculaire.

Une alternative utile, mais avec des limites

Malgré ses avantages, le sel enrichi en potassium ne convient pas à tout le monde. Il est notamment déconseillé aux personnes atteintes d’insuffisance rénale sévère, pour lesquelles un excès de potassium pourrait entraîner des complications graves.

Par ailleurs, ces produits sont souvent plus onéreux que le sel classique et leur distribution reste limitée dans les circuits de grande consommation.

Faut-il changer nos habitudes ? L’avis d’une professionnelle de la nutrition

Pour Alexandra Murcier, diététicienne-nutritionniste, le recours à ces substituts n’est pas sans risque : « C’est une fausse bonne idée. Sans une bonne information, les consommateurs pourraient croire qu’ils peuvent en abuser, alors qu’ils contiennent toujours du sodium ».

Elle privilégie plutôt une approche progressive basée sur des changements de comportements :

  • Toujours goûter son plat avant d’ajouter du sel ;
  • Utiliser davantage d’herbes aromatiques et d’épices pour rehausser les plats ;
  • Se méfier des aliments naturellement riches en sel : charcuterie, pain, fromage, plats cuisinés…

Avec un peu de patience, le palais finit par s’habituer, et ce qui paraissait fade au départ devient la norme. Une solution simple, naturelle et durable pour préserver sa santé cardiovasculaire.