Un bistrot de banlieue qui met tout le monde d’accord
Élu meilleur bistrot en périphérie parisienne, cet établissement discret situé en Île-de-France fait sensation auprès d’une clientèle fidèle et toujours plus nombreuse. Voici où le dénicher.
Dès l’entrée, l’atmosphère annonce la couleur : ici, on joue dans la cour des grands. Moins de deux ans après avoir ouvert ses portes, ce lieu confidentiel mais plein d’ambition s’est imposé comme un repaire culinaire incontournable pour les amateurs de gastronomie fine, créative et authentique.
Derrière les fourneaux, un jeune chef formé chez les plus grands noms de la cuisine française, insuffle à chaque plat une touche d’élégance maîtrisée, sans artifices.
Le guide Lebey ne s’y est pas trompé : l’établissement vient tout juste de décrocher la palme d’or du meilleur bistrot de la région parisienne. Une reconnaissance éclatante qui salue à la fois le talent et l’audace, prouvant que l’excellence culinaire dépasse largement les frontières de la capitale.
Un lieu primé, ancré dans les Hauts-de-Seine
C’est au Café César, en octobre 2023, que Charles Boixel décide de poser ses valises, séduit par ce restaurant à vendre aperçu par hasard. L’instinct ne l’a pas trompé.
En un an et demi, l’adresse est devenue incontournable, aussi bien pour les habitués du quartier que pour les curieux de passage. On y croise aussi bien des juristes locaux que des cadres dynamiques, des artistes tels que Vianney ou Philippe Katerine, et même Zinédine Zidane, venu incognito pendant les Jeux olympiques.
La consécration est tombée récemment : le Café César est désormais le lauréat du Guide Lebey dans la catégorie « bistrot autour de Paris ».
Pour Charles Boixel, 36 ans, cette distinction est un moment fort. « Ce guide, c’est une vraie reconnaissance. Il valorise tout notre travail », confie-t-il. Fort d’une solide expérience acquise auprès de chefs comme Joël Robuchon, Pierre Gagnaire ou Éric Frechon – qu’il considère comme son mentor –, il voit aujourd’hui son rêve d’enfant prendre vie.
« Depuis mes dix ans, je voulais ouvrir mon restaurant. Mon grand-père, d’origine hongroise, m’a transmis sa passion avec des repas familiaux mémorables, souvent autour de paella ou de goulash », raconte-t-il au Parisien.
Une formule simple, mais efficace
Malgré un emplacement un peu à l’écart, le chef n’a jamais douté. « Je me suis tout de suite projeté ici, même avec le défi que représentait ce lieu un peu excentré. » Depuis le début, sa recette du succès reste inchangée : « Une bonne cuisine, du bon vin, de la musique et des amis ». Et le public adhère.
Avec le retour du printemps, le Café César propose une nouvelle carte saisonnière et un déjeuner à 29 euros qui fait carton plein. Burrata au pesto et caponata, dorade grillée accompagnée d’une purée maison, mousse au chocolat relevée à l’huile d’olive et à la fleur de sel : chaque assiette incite à saucer jusqu’à la dernière goutte.
« J’accorde beaucoup d’attention aux sauces, aux assaisonnements, aux condiments », précise le chef. « Quand je vois les clients saucer, c’est le plus beau compliment. » Et difficile d’y résister quand le pain vient de chez Clem&Gwen.
Une carte du soir plus sophistiquée
Le soir venu, la carte prend une tournure plus gastronomique avec des plats tels que les ravioles de homard, la volaille aux morilles ou le fameux pâté en croûte de la maison : un mariage raffiné de veau, cochon, foie gras, pistaches et herbes fraîches.
À l’heure du déjeuner, la terrasse se remplit en un rien de temps. Les riverains vantent le rapport qualité-prix imbattable. « Ce bistrot est une vraie pépite », affirment des habitués. À côté, des salariés des environs acquiescent : « À Clichy, c’est rare de trouver une cuisine aussi soignée. On revient toujours avec plaisir. »
Pendant ce temps, Charles Boixel veille en toute discrétion : il observe, salue, échange quelques mots. « Je suis assez réservé, je préfère le bouche-à-oreille aux réseaux sociaux », confie-t-il. En fin de repas, quelques madeleines tièdes attendent les gourmands sur le comptoir.
Et après ?
Le chef voit déjà plus loin. Il prévoit l’ouverture d’un second établissement dans les Hauts-de-Seine d’ici la fin de l’année, et envisage de se présenter au concours du Meilleur Ouvrier de France. « Tout faire avec passion », résume-t-il. Et c’est précisément cette passion qu’on savoure dans chaque assiette.